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Sociologie des cultures sportives de la nature

Cet espace thématique est animé par Jean CORNELOUP

Auteur : Jean CORNELOUP

 

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Il a fallu attendre les années 1970 pour voir émerger ce secteur de recherche avec la volonté de produire de la connaissance pour analyser, expliquer et comprendre l’univers des sports de nature. L’étude des cultures sportives a constitué dès l’origine une entrée remarquable dans la perspective d’étudier les caractéristiques des pratiquants engagés dans une relation sportive avec les éléments naturels. En référence à la théorie sociologique de P. Bourdieu, C. Pociello et son équipe (Falt, Lapierre,…) ont contribué à la production des premiers écrits scientifiques dans ce secteur. Dans la perspective de comprendre les logiques sociales, la construction de l’espace des styles de pratique présent dans différentes pratiques (kayak, ski de fond, pratiques maritimes,…) a permis de dévoiler certains mécanismes sociaux dans la manière dont s’organisent les relations et les échanges des pratiquants avec les espaces, les objets et les institutions. D’autres écrits ont suivi par la suite, inspirés de divers cadres théoriques permettant de constituer un véritable champ de recherche marqué par la production de nombreuses contributions. Cependant, il semble difficile à l’heure actuelle de considérer l’existence d’une dynamique forte au sein de cette communauté scientifique matérialisée par la formation de groupes de recherche institués. On est plus en présence de productions éparses, inscrites dans des univers scientifiques plus ou moins bien définis qui ne permettent pas pour l’instant l’édification d’un véritable savoir constitué relatif à cet objet d’étude.

Au cours des 30 dernières années, différents chercheurs et étudiants ont investi cet univers en apportant un éclairage dans un domaine particulier : la socialisation, l’étude d’une culture sportive spécifique (voile, kayak, randonnée, surf, escalade,…), la définition de la logique interne et de la spécificité des sports de nature, l’étude d’un groupe de pratiquant sur un site de pratique, la déclinaison des traits culturels de la culture fun dans les sports de nature, l’approche des imaginaires dans les pratiques de la montagne, l’étude des opinions sportive en nature, la définition du profil social des pratiquants des sports de nature,… Ces multiples productions scientifiques effectuées pour la plupart en recherche fondamentale dans les années 1970-80 ont été, pour un certain nombre d’entre elles, remplacées depuis quelques années par des recherches appliquées et des études marketing. Cette ouverture en direction du marché ne s’explique pas seulement par la montée des agences marketing et des départements universitaires orientés vers les métiers de l’ingénierie touristique et sportive ; elle se comprend aussi par la transformation des cultures sportives à partir du moment où le pratiquant construit son style de pratique dans une interaction perpétuelle avec les objets et les imaginaires de la consommation, à cause de l’arrivée de nouveaux publics consommateurs d’une nature plus aménagée et domestiquée et par l’explosion technologique des pratiques. Bref, nous sommes en présence d’une diversité des approches sans qu’émerge(nt) véritablement un (ou des) espace(s) scientifique(s) de discussion scientifique permettant de réfléchir sur la légitimité de ces problématiques scientifiques et des résultats présentés. Au fond, la constitution d’un espace réflexif sur un plan épistémologique – dans le sens évoqué par Bourdieu – reste à construire dans la perspective de développer les états généraux de la recherche portant sur l’étude des cultures sportives de nature.

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Suite partie 2