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Loisirs sportifs de nature, risques et sécurité


L'accroissement des risques, un phénomène considéré comme allant de soi…


Le développement des « sports à risque » et l'accroissement des dangers qu'ils recèlent sont souvent tenus pour acquis. Une partie incontournable du questionnement est dès lors contournée : y a-t-il phénomène ? Autrement dit, l'exposition aux dangers s'est-elle réellement radicalisée ces dernières années ? Dans l'affirmative, quelle est l'ampleur de cette évolution ? D'autres interprétations existent, insistant notamment sur le traitement médiatique réservé aux pratiques sportives dites « à risque », ou encore sur la massification de pratiques jusqu'alors peu diffusées au sein du corps social.

Avant de discuter des causes,
assurons-nous du fait.
Fénelon


L'observation distanciée de la réalité se heurte toutefois à plusieurs difficultés. Tout d'abord, se défaire de la doxa qui considère comme des sous-entendus l'augmentation et la radicalisation des risques pris lors de la pratique sportive n'est pas chose aisée. Par ailleurs, le dénombrement des accidents, qui peut a priori passer pour un simple exercice comptable, se heurte dans les faits à de multiples difficultés méthodologiques, essentiellement constituées par la rareté et l'incomplétude des informations statistiques relatives à l'accidentologie sportive. Il existe par exemple différentes méthodes de comptage des faits accidentels inhérents à la fréquentation sportive de la montagne. Cette pluralité concerne aussi bien la nature des événements pris en considération que la manière de procéder à leur enregistrement ou à leur traitement. Outre ces contingences méthodologiques, il faut à l'évidence compter avec des manipulations de chiffres destinées à minimiser le potentiel accidentel de certaines pratiques et à ne pas alerter outre mesure l'opinion et/ou les pouvoirs publics. Une nécessité s'impose donc à l'observateur : démêler la nature de la construction de ces bilans accidentologiques et fournir, le cas échéant, des procédures alternatives quand les modes de décompte officiels paraissent peu adéquats ou insuffisamment précis. L'enjeu est tout sauf anodin, car c'est en partie à partir de ces données institutionnelles, répercutées par les médias, qu'est déduite la dangerosité respective des différentes pratiques sportives de nature. La question centrale de la transparence des risques encourus et de leur acceptabilité sociale apparaît en filigrane.